Vous avez un rendez-vous particulier dans la propriété de Claude Monet à Giverny.

Les repas sont abondants. La cuisinière excelle tant que Claude Monet a décidé d’embaucher son mari. Pour qu’elle reste. Paul s’occupe des petits légumes du jardin et du couvert, dans la salle à manger.
A table, en compagnie d’Alice Hoschedé-Monet et de ses 8 enfants et beaux-enfants, Monet n’hésite pas à élever la voix pour manifester son humeur. Depuis quelques temps déjà, l’homme est devenu le patriarche d’une famille recomposée, un modèle qui ne s’imposera vraiment qu’un siècle plus tard en France. Au sein de cette famille, il peut être heureux, rayonnant, mais aussi bougon, irritable, voir absent. Car quand notre homme n’est pas satisfait de son travail, il lui arrive parfois de s’enfermer dans sa chambre durant quelques heures.

Dans la maison, certains s’intéressent à la mécanique, comme Jean, le fils de Claude Monet et de Camille, cette première épouse décédée depuis déjà trop longtemps. Quant à Suzanne, sous le regard de sa mère Alice, elle promène tendrement sa beauté dans les allées du jardin. Elle est le modèle préféré du maître des lieux.
Blanche, c‘est sa sœur. Et elle préfère le chevalet à la pose. Elle partage le petit-déjeuner matinal de Monet. Elle « pilote » la brouette dans lequel il range ses toiles. Puis elle s’installe à coté de lui, et elle peint.
Dans cette maison, il y a d’autres frères et sœurs, mais aussi quelques visiteurs, des intimes comme Durand-ruel ou Clemenceau. Le premier est le marchand de tableaux attitré de Claude Monet. Le second est un homme politique dont l’influence ne cessera d’augmenter jusqu’à imposer les toiles de Monet au musée de l’Orangerie, à Paris. Tous les deux sont souvent reçus à Giverny, pour un thé dans le jardin, pour de tranquilles promenades autour du bassin.
Cette mémoire de l’univers familial de Claude Monet, nous la devons notamment à Claire Joyes ( « Monet à Giverny », « Les recettes de cuisines de C. Monet » ). Elle l’entretient depuis des années. Grâce aux recherches qu’elle mène sans relâche depuis plus de 30 ans, par le biais notamment de rencontres qu’elle a pu faire avec quelques survivants de cet univers. Car Claire a épousé il y a déjà bien longtemps l’un des arrières petits fils d’Alice, la seconde épouse du peintre.

Dans le livre, Claire Joyes a accepté d’épauler dans ses recherches un jeune auteur parisien, Grégoire Mabille (« Anthologie du rire » en collaboration avec Serge Tribolet , « Brèves littéraires » avec Jean Baptiste Veber) .
Notre homme s’est chargé de dresser un portrait de famille solide mais ludique, en visitant les moindres recoins de cette maison hors normes, mais aussi en fournissant au lecteur une sérieuse documentation sur les aspects historiques, sociologiques et culturels de cette fin de XIXe siècle.
Les photos d’aujourd’hui sont signées Stéphane L’Hôte, reporter -photographe. L’ intérieur de la maison, le salon-atelier, la cuisine et l’épicerie sont montrés dans toute leur modernité. Il s’est pris d’amitié pour les fleurs du jardin. Il nous en offre une collection impressionnante. |